Terme du métier
Documents contre paiement sur une charge routière
Dans un encaissement documentaire, le vendeur remet les documents d'expédition à une banque, qui les transmet dès que l'acheteur règle. Les vendeurs y voient une voie moyenne entre le paiement anticipé et le crédit. Sur un camion européen, la prise est plus mince qu'elle n'en a l'air, car une lettre de voiture ne porte aucun titre sur le fruit qui voyage sous elle.
Les chiffres
| Règles qui l'encadrent | Règles uniformes de la CCI relatives aux encaissements, publication 522 |
|---|---|
| Ce que manipulent les banques | Du papier, sans jamais voir la marchandise |
| Ce que reçoit l'acheteur en réglant | La liasse documentaire, et rien de plus |
| Prise sur un envoi routier | Aucune, puisque la lettre de voiture CMR fait preuve du transport et ne vaut pas titre |
| Quand le droit de disposition de l'expéditeur cesse | Dès que le deuxième exemplaire de la lettre de voiture parvient au destinataire |
| Où l'instrument mord | Dans le transport maritime, où le connaissement confère bien le titre |
Ce que cela change sur une commande
Vous importez par camion depuis l'Espagne
Le transporteur remet la charge à celui qui figure comme destinataire, quoi que détienne la banque. Les deux parties feraient mieux d'intégrer cette réalité au prix plutôt que de faire comme si les documents étaient un verrou.
Un fournisseur propose cela comme compromis
Demandez ce que le vendeur croit que cela lui garantit. Quand la réponse est le contrôle du fruit, la conversation vaut d'avoir lieu avant que l'une des parties paie des frais bancaires.
Vous vous approvisionnez aussi hors de l'Union par voie maritime
Le même instrument s'y comporte autrement, et les habitudes prises sur le fret maritime induisent en erreur une fois reportées sur trois jours de route.
Ce que cette note ne tranche pas
- Nous ne l'avons proposé à personne et convenu avec personne. Ce qui figure ici décrit le comportement de l'instrument et non notre façon de vendre.
- L'encaissement laisse le vendeur exposé à un refus à destination, et la marchandise est périssable pendant que dure la discussion.
- Les frais bancaires et leur partage entre les parties sortent de cette fiche, et ils changent le calcul sur un camion isolé.
Source : Convention relative au contrat de transport international de marchandises par route (CMR), article 12, ICC Uniform Rules for Collections (URC 522)
Le papier et les palettes voyagent séparément
Les documents contre paiement ont grandi autour du fret maritime, où le connaissement est la cargaison sous forme de papier. Qui détient un original commande la remise au port, une banque qui détient le jeu détient donc la marchandise. Le transport routier à l'intérieur de l'Europe fonctionne sur un tout autre document. Une lettre de voiture CMR atteste le contrat de transport et l'état du chargement à l'enlèvement, et le transporteur remet le fruit au destinataire inscrit sur elle. La banque au milieu détient un papier qui n'ouvre rien.
Ce que le vendeur conserve est un droit de disposition, exercé par l'intermédiaire du transporteur, à temps, et par écrit. Sur un trajet qui se compte en jours, avec un chauffeur tenu par un horaire et un fruit qui perd de la catégorie d'heure en heure, l'exercer reste théorique pour la plupart des producteurs. Les vendeurs qui proposent cet arrangement pour un camion européen raisonnent avec des habitudes maritimes. Le dire d'emblée épargne aux deux sociétés des frais bancaires et un faux sentiment de couverture.
Ce que coûte un refus une fois la marchandise arrivée
Le refus est le moment où un encaissement montre sa vraie forme. L'acheteur refuse de payer, et le fruit se trouve dans un autre pays sous un toit qui n'est pas le sien, accumulant du stockage et perdant de la catégorie chaque jour. Les choix du vendeur se réduisent à revendre à ce que le marché local voudra bien porter, à payer le fret du retour, ou à accepter le chiffre révisé de l'acheteur d'origine. Chacune de ces issues est pire que l'affaire qui a été refusée.
La question qui mérite d'être réglée à l'avance porte donc sur le jour d'un refus plutôt que sur la propreté de la liasse : ce que fait chaque partie, par écrit, avec un débouché de remplacement nommé et un partage convenu de la facture de stockage. Un encaissement pensé jusque-là reste praticable entre sociétés qui se font moyennement confiance. Celui qui ne l'a pas été est un délai déguisé en sécurité.
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